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 2. LES MOYENS THERAPEUTIQUES  

2.1 La surveillance 

La première arme dans la prise en charge d'un hémangiome à risque reste la surveillance. La surveillance des hémangiomes complexes est en effet essentielle et pas toujours bien réalisée. Il n'est pas rare de voir des formes d'angiome étendu ou de localisation potentiellement à risque que les parents, malgré une mise en garde, vont avoir tendance à minorer. Le risque de revoir après plusieurs mois d'évolution et d'extension un hémangiome à risque est donc réel et il convient dans ces conditions d'expliquer dès la première consultation l'évolution possiblement grave de ces angiomes.
 
La référence au schéma suivant qui explique le volume lésionnel et l'évolution de l'hémangiome permet de clarifier la situation. 
 
-Dans la première phase comprise entre la naissance et 4 mois, une surveillance rapprochée est indispensable dans les hémangiomes étendus ou à localisation à risque. Dans ces formes une consultation bi-hebdomadaire n'est pas inutile et un suivi photographique doit être systématique. 
 
-Dans la période comprise entre 4 et 12 mois les complications évolutives surviennent pour les formes à risque : c'est là que sont rencontrées les complications classiques de nécrose ou d'ulcération. 
 
-Après 1 an la surveillance doit se prolonger sur un rythme moins soutenu, car si l'abstention est l'option la plus fréquente, certaines décisions thérapeutiques doivent être prises parfois précocément en particulier la chirurgie réparatrice.
   
2.2 La chirurgie 
La chirurgie des hémangiomes garde une place limitée dans la prise en charge mais peut se révéler utile dans les formes à risque. D'une part en réduisant le volume tumoral mais aussi en permettant une reconstruction des cicatrices. La chirurgie des angiomes est directement fonction de l'expérience de l'équipe chirurgicale et les consultations pluri-disciplinaires sont très utiles pour mieux en approcher les indications
La chirurgie de réduction de volume concerne au niveau du visage deux localisations particulières : les angiomes palpébraux et l'angiome du nez. 
 


 
 
 
 
 
 
 
 
 

 
 

 

L'angiome Cyrano a généralement une régression spontanée insuffisante et la chirurgie de dissection permet, par une voie d'abord basse, d'obtenir une réduction du volume tumoral au prix d'une cicatrice minime en avant des bords narinaires. C’est le cas dans cette observation où la régression spontanée a été jugée insuffisante

  
 
 
 
 
En ce qui concerne les hémangiomes palpébraux (photo1 et photo2), un article des Archives of Ophtalmology (1992 ; 110 : 17) montre qu'il est possible de réaliser une dissection de l'angiome et d'obtenir un remarquable résultat dans des formes bien encapsulées.
 
 
 
La chirurgie réparatrice et reconstructive s'adresse aussi aux hémangiomes mixtes volumineux où la persistance de la lésion, souvent inesthétique après 6 ans, amène toujours à un geste chirurgical. Une intervention plus précoce peut s'avérer dans ces conditions souhaitable afin de limiter l'importance de la cicatrice.
 
 
 
 
Les complications post-nécrotiques sont aussi une indication à la chirurgie réparatrice comme on le voit après une nécrose de la lèvre supérieure (photo initiale et photo finale) sur un hémangiome extensif
 
 
 
 
2.3 La corticothérapie 
La corticothérapie générale est souvent incontournable au cours du traitement des hémangiomes à risque. L'indication de cette corticothérapie n'est pas toujours facile à porter et c'est avant tout sur des critères objectifs, en particulier de la croissance de l'angiome (d'où la nécessité d'une surveillance rapprochée) qu’elle sera définitivement posée. En effet la corticothérapie générale sur des lésions déjà extensives et évoluées est souvent moins efficace qu'une corticothérapie plus précoce instaurée en phase d’évolutivité de la lésion. Dans ces formes sévères, la corticothérapie générale doit être prescrite à une dose élevée (2 voir 2,5 mg/kg/jour). Le traitement doit être prolongé au moins deux mois puis il décroît les deux mois suivants ce qui correspond au minimum à une durée de 4 mois. Pendant cette période le nourrisson avant 6 mois ne doit pas être soumis à un régime particulier : le lait maternisé est faiblement salé. Par contre une surveillance clinique staturo-pondérale et générale est indispensable, la tolérance de ce traitement étant variable, parfois médiocre (prise pondérale, suractivité, insomnie), parfois meilleure surtout quand les parents observent une réponse thérapeutique évidente. Les récidives à l'arrêt de la corticothérapie sont possibles d'autant plus que la dégression aura été trop rapide. 
 
L'effet de la corticothérapie générale chez cette petite fille(photo1, photo2, photo3 et photo4) démontre la régression induite par le traitement mais chez cette enfant un geste chirurgical a dû être entrepris sur les lésions cicatricielles de la joue.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 
 
 
 
 
 

Là encore cet hémangiome de la paupière supérieure  a été traité par une corticothérapie générale à la dose de 1,5 mg/kg/jour pendant 4 mois. Trois ans plus tard l'évolution est satisfaisante et seules quelques télangiectasies superficielles sont présentes.
 
Une autre indication de la corticothérapie générale est représentée par les hémangiomes extensifs ulcérés où la corticothérapie générale permet à la fois de jouer sur le volume de la lésion mais aussi la rapidité de cicatrisation.
 
La corticothérapie injectable reste une autre option dans la prise en charge des angiomes. Les ophtalmologistes ont largement utilisé le KENACORTÒ en particulier dans les hémangiomes de la face. Cette injection peut induire des réductions tumorales spectaculaires avec peu d'effet systémique. Cependant des observations de thrombose de l'artère de la rétine ont été rapportées et ce traitement ne peut être réalisé que par des équipes entraînées et à distance de l'œil dans la partie inférieure du visage
 
 
 

2.4 Laser à colorant 

Le laser à colorant à été à plusieurs reprises proposés dans le cadre du traitement des hémangiomes. En pratique il garde très peu d'indications, essentiellement sur les ulcérations, ulcération du siège notamment ; le risque de poussée extensive induite n'est pas nul et l'obligation d'une anesthésie générale n'est pas sans posé de problème chez un nourrisson. Son indication est donc limitée à quelques centres qui disposent d'un environnement pédiatrique adapté
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