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HEMANGIOME
La prise en charge des hémangiomes chez le nourrisson,
en particulier dans les formes graves, reste un sujet controversé.
En effet si les hémangiomes sont très fréquents
et touchent environ 2 % des nourrissons il existe de grandes
différences entre les tableaux cliniques, en fonction
de leur localisation, de leur taille et de leurs caractéristiques
évolutives. De plus, la prise en charge des angiomes
à problème chez le nourrisson n'a pas jusqu'à
présent fait l'objet d'étude prospective et
malgré le biais de recrutement les propositions de
prise en charge sont surtout le fait d'expériences
personnelles.
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| Devant
cet hémangiome
du visage chez ce nourrisson de 3 mois que proposeriez-vous
:
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L'abstention ?
- L'injection d'un corticoïde in situ ?
- La prescription d'un corticoïde par voie générale
?
- Une simple surveillance rapprochée ?
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Voici
la réponse
évolutive sans aucun traitement obtenue
après deux ans. Cette observation illustre parfaitement
les limites des conseils de prise en charge et montre
que malgré tout, la majorité des hémangiomes
du nourrisson reste d'un bon pronostic.
Les
hémangiomes à problème existent
cependant : du fait de certaines localisations dites
à risque, du fait de l'extension des lésions
avec de possibles complications locales, voire enfin,
dans des cas exceptionnels, au cours de formes dites
alarmantes, en raison du pronostic vital qu'elles sous-tendent.
Quand
penser au diagnostic d'hémangiome à problème
?
Quelles sont les options thérapeutiques à
proposer ?
Enfin sur quels critères le choix définitif
sera-t-il réalisé ?
Voici
les questions auxquelles nous tenterons d’apporter une
réponse :
1.
LES LOCALISATIONS A RISQUE
Il
existe des localisations à risque pour les hémangiomes
:
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- les
localisations péri-orificielles :
-
paupières
et
-
région
péri-orbitaire
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lèvres (inférieure
mais surtout supérieure
avec le risque majeur d'extension vers
la cloison nasale)
-
oreilles
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- les
localisations céphaliques:
-
menton
-
parotide
L’extension
à la partie inférieure du visage doit
faire l’objet d’une surveillance attentive : dans un
travail récent (J Ped 1997 ; 131 : 643-646),
Orlow rapporte une étude rétrospective
analysant 187 hémangiomes de la tête et
du cou à partir de 342 dossiers répertoriés
sur 12 ans. Le sex ratio est majoritairement féminin
(143 filles pour 44 garçons). Dans l'étude,
un score a été réalisé en
fonction du nombre de localisation, et une comparaison
de ce score a été effectué avec
la découverte d'un angiome épiglottique.
Sur
les 187 hémangiomes, 27 étaient localisés
au niveau du cou. Là encore le sex ratio était
écrasant en faveur des filles (25 filles pour
2 garçons). Les faibles scores (1 ou 2 localisations)
correspondent à 11 patients sur 27 et l'atteinte
épiglottique est rencontrée dans seulement
9 % des cas. Par contre dans les scores élevés
(4 ou 5 localisations) correspondant à 16 patients
sur 27, 59 % présentaient une atteinte pharyngée
et 4 sur 10 ont nécessité une trachéotomie.
Il
s'agit sans doute de la plus importante étude
concernant l'association angiome épiglottique
et hémangiome de la face.
Si
les angiomes épiglottiques sont le plus souvent
isolés, ils peuvent parfois s'accompagner de
manifestations cutanées révélatrices
et en pratique devant ces formes d'hémangiomes
extensifs du cou l'attitude pratique doit être
extrêmement vigilante compte tenu du risque potentiel
de l'atteinte épiglottique.
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Les
problèmes posés par les hémangiomes
du nourrisson situés au niveau du siège
peuvent être de plusieurs types : extension, nécrose,
ulcération, surinfection, douleurs. Ces différents
phénomènes se superposent en général,
ce qui complique la prise en charge.
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L'angiome
extensif du siège , comme sur cette diapositive,
représente alors une bonne indication de la corticothérapie
générale à une dose au moins égale
à 2 voir 2,5 mg/kg/jour.
La
nécrose , le plus souvent spontanée
au niveau du siège ou au niveau des grandes lèvres,
reste une complication redoutée en particulier
dans les formes extensives.
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L'ulcération
(photo1
et photo2
) est une complication constante au niveau du siège.
Elle est liée en particulier au frottement sur
les langes mais est également favorisée
par l'occlusion. En général l'ulcération
est facile à traiter avec une antibiothérapie
locale (FUCIDINE*). Des pansements semi-perméables
(COMFEEL*), voire la mise à l'air libre permettent
une guérison rapide mais les cicatrices sont
cependant fréquentes sur la zone ulcérée.
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C’est
le cas dans cette observation
où l'évolution,
après deux ans, est marquée par la persistance
d'une zone
cicatricielle blanchâtre et scléreuse
nécessitant dans un deuxième temps un
geste chirurgical.
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D'autres
ulcérations peuvent avoir lieu en dehors du siège.
C'est le cas des formes redoutables de la lèvre
supérieure ou de la columelle où
l'ulcération peut être foudroyante, remontant
vers la cloison nasale, la détruisant et laissant
des séquelles définitives. Si la corticothérapie
générale à dose élevée
est en général efficace sur l'ulcère
il faut se méfier des gestes dangereux en particulier
de la chirurgie sur des angiomes évolutifs, voir
de l'utilisation du laser pulsé. Une prise en
charge de ces formes doit s'effectuer au cas par cas.
Concernant
les angiomes de l'oreille (photo1
et photo2),
la nécrose du pavillon peut compliquer l’évolution
et amènera dans un deuxième temps à
une réparation.
La
douleur peut être au premier plan dans les angiomes
ulcérés. Elle oblige à une prise
en charge associant des traitements locaux (Gel Hydrocolloïde,
Alginate de Calcium) et souvent l’utilisation de morphiniques.
C'est dans ces formes douloureuses que les indications
du laser à colorant pulsé sont discutées
en augmentant la rapidité de cicatrisation et
en induisant une diminution de la douleur (Morelli et
coll. Am J Dis Child 1991 ; 145 : 1062-1064)
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Suite
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